Quelque part dans la poussière du middlewest américain. Le père s'est barré. Ou plutôt il a fuit avant de se retrouver la tête sur le billot. La mère, complètement paranoïaque, tue dindes, vaches, cochons, chiens ... après un simulacre de procès. Son jeune fis, resté avec elle, doit les défendre : accusés d'être des réincarnations du fuyard, ils finiront de toutes façons, chacun à leur tour, au bout de la carabine maternelle. Il sait aussi que dès tous les animaux morts, il devra faire face, seul cette ultime fois, à sa mère.
Qui sauvera sa peau ?

Une taule de haute sécurité. On y croise des criminels dont le cursus est à frémir. De fait, une expérience est proposée aux détenus les plus irrécupérables : s'ils acceptent, peut-être se verront-ils offrir une remise de peine. A défaut un autre environnement de béton et de barbelés.

Au plus profond d'une cave immense, ce petit monde s'engouffre dans un tube d'acier, planté là tel un totem dans un cloaque fétide et bourbeux. Ceux qui en sortiront auront la vie sauve. Peut-être.
Ca ne semble pas bien méchant : la pièce est circulaire, sans porte apparente. Une machine alimentaire trône au milieu. Aucun de ces rebuts de la société ne se méfie. Au fil d'un temps non décelable, les pouvoirs de ce distributeur de nourriture s'élargissent et, surtout, deviennent plus implacables et violents. Sans autre échappatoire que la mort. S'y ajoute le stress des torrents boueux inondant régulièrement le cylindre.

De quoi faire gamberger son imaginaire : comment ce cercle infernal va t-il s'arrêter ? S'arrêtera t-il d'ailleurs ? Quelle va être la prochaine exigence de cette machine infernale ? Quelle en sera son tribut ? Comment s'organiser dans pareil enfer ?
Que ferais-je moi, là dedans ?


Difficile de trouver voyage plus sordide et plus glauque dans une logique glaciale et chirugicale. Faut dire que Serge Brussolo a déjà un imaginaire particulièrement développé !!
Seule la fin est, de mon point de vue, décevante. Mais c'est habituel : une oeuvre aussi riche (imaginairement parlant) ne peut trouver qu'une fin molle et convenue. Encore que là, il a su éviter ce piège et laisse ouverte les portes des interprétations :)


Serge Brussolo, l'Enfer Vertical, Vauvenargues éditions, 2004